Effet nocif de la lumière et ses moyens de protection

Lorsque la lumière nous met en danger, comment se protéger ?

Lors d’une conférence à la Silmo Academy 2013, Thierry Bury s’est exprimé sur le thème « Oeil et Lumière ».

Voici le résumé de son intervention…

Thierry Bury

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Si certains effets bénéfiques de la lumière sont évidents, vision des formes et des couleurs, d’autres sont moins connus, chrono biologie, action sur le psychisme et bénéficient des avancées de la recherche (notion de «bon bleu», mise en évidence de photorécepteurs non visuels).

Les ultra-violets
L’effet des UV est plus complexe et toujours sujet d’études. Responsables au niveau de la peau de la pigmentation, les rayons UVA représentent 95% des rayons ultraviolets et sont les plus dangereux pour les yeux. Chez l’adulte, ils atteignent le cristallin et chez l’enfant, la rétine. Le cristallin laisse passer 90% des UVA avant l’âge de 1 an, 60% avant l’âge de 13 ans. Les rayons UVB sont moins importants quantitativement : 4% des rayons ultra-violets. Ils sont les plus dangereux pour la peau (érythème, tumeurs). Ils sont filtrés à 80% par le cristallin, qui laisse passer 50% des UVB avant l’âge de 1 an et 25% avant l’âge de 10 ans. Les rayons UVC sont les plus dangereux en théorie, mais ils sont stoppés par la couche d’ozone. Les dommages créés par les UV au niveau cellulaire font intervenir plusieurs mécanismes.

  • Réactions chimiques par : transformation cellulaire au niveau de l’ADN ayant pour effet une dénaturation des protéines provoquant la mort cellulaire.
  • Réactions thermiques : par un mécanisme de photo-coagulation (comme le laser Argon).
  • Réactions mécaniques : avec photo-rupture cellulaire (identique à l’effet du laser N.D Yag).

 

Effets néfastes de la lumière
Les effets délétères sont eux aussi connus depuis l’antiquité et restent d’actualité avec là encore, de nombreuses découvertes récentes et à venir.

  • La toxicité oculaire peut être liée à l’excès de photons par dose aigüe ou dose chronique cumulée.
  • Invisibles les infrarouges (IR) et les ultraviolets (UV) situés de part et d’autre du spectre lumineux visible agissent néanmoins insidieusement sur l’œil.
  • Les IR sont responsables de sensation de chaleur, dessèchement de la cornée et fatigue visuelle.
La lumière et ses dangers

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Des risques accrus pour nos yeux

La diminution de l’épaisseur de la couche d’ozone, l’évolution de nos styles de vie avec des activités extérieures croissantes, l’allongement de l’espérance de vie, la recrudescence de sources artificielles d’ultra-violets, l’apparition de nouvelles sources lumineuses LED 1 (excès de mauvaise lumière bleue…), le recours à des médications photosensibilisants, sont autant de facteur de risques. Il faut aussi tenir compte de l’importance de l’altitude, de la latitude et des surfaces réfléchissantes (neige, eau). Les populations particulièrement exposées sont :

  • Les enfants, d’autant plus vulnérables qu’ils ont une large pupille, un cristallin très transparent, un temps passé à l’extérieur important et portent insuffisamment des lunettes de soleil.
  • Certains professionnels, qui en haute montagne ou en mer, ont montré leur vulnérabilité. Les pathologies incriminées sont :
  • Paupières : coup de soleil, cancer de la peau des paupières, mélanome, et blépharites.
  • Conjonctive : pterygion, pinguecula, inflammation conjonctivale chronique.
  • Cornée – Photo-kératite aigue (mer, montagne). C’est la classique ophtalmie des neiges ou le «coup d’arc à souder». Résolutif en quelques jours, bien traité. – Exposition à long terme avec risque de polymégatisme, pléiomorphisme conduisant à la kératite chronique risquant d’aboutir à une dégénérescence cornéenne.
  • Cristallin : l’exposition aux UVA et UVB augmente significativement le risque de cataracte. • La rétine : – Sujet à controverse, on ne peut éliminer ni incriminer formellement le rôle des ultraviolets dans la DMLA 2. Avec récemment la notion de «mauvais bleu», à la limite des ultraviolets et du spectre visible. – L’effet nocif de la lumière sur certaines rétinites pigmentaires est bien connu et nécessite une protection spécifique.
Lumière nocive pour la vision

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Les moyens de protection
  • Protection naturelle : – situation du globe oculaire dans le fond de l’orbite, – protection faible par les paupières et les cils, – plissement réflexe des yeux lors d’un éblouissement, – réflexion partielle des rayons sur le film lacrymal.
  • Les lunettes : Les verres de lunettes ne bloquent que 50% du rayonnement pouvant potentiellement parvenir à la surface oculaire (cf. article BV janvier 2014 page 52 et 53 J-P. Meillon) La protection varie selon le matériau et la teinte. Certains verres de lunettes ne bloquent que 50% du rayonnement pouvant potentiellement parvenir à la surface oculaire par réflexion sur la face postérieure et diffusion, par la périphérie, excepté les lunettes de glacier et forme coque.
  • Les lentilles de contact avec filtre UV :  Peu de lentilles possèdent un filtre UV. Elles protègent alors la cornée et les milieux internes mais pas les paupières et l’intégralité de la conjonctive.

Éléments favorisant les effets des ultra-violets :

  • Les photosensibilisants accroissent l’absorption de la lumière UV
  • Certains antibiotiques, antifongiques, anti-inflammatoires, antidépresseurs
  • Certaines maladies dermatologiques La prudence est de rigueur pour réduire l’exposition aux rayons UV chez ces patients. Les Infrarouge (IR) mais surtout les ultraviolets (UV) et une partie de la Lumière Bleue ont un effet nocif avéré sur l’œil. Il est donc indispensable : De protéger nos patients et particulièrement les enfants et adolescents. Avoir une vigilance particulière chez nos patients qui reçoivent certains traitements ou présentent des maladies rétiniennes. Cela peut amener à vérifier l’environnement professionnel du patient, «potentiellement à risque».

Source : www.mesnouvelleslunettes.fr